Le Vietnam à vélo en 2009
Le 23 octobre dernier, nous étions à vélo sur les routes du Vietnam pour un périple de 1 mois du nord au sud du pays. En arrivant à Hanoi, nous nous sommes dirigé au nord à Sapa d’où nous avons donné nos premiers coups de pédales. Les montagnes du nord sont bien connues pour leurs routes pentues et leurs merveilleux paysages, mais aussi pour les tribues traditionnelles qui y vivent. Ces celles-ci que nous avons découvert au cours des 2 premières semaines du voyages. Nous avons terminé notre visite du nord par la baie de Hanong pour ensuite nous diriger en train vers le centre du pays. De la nous sommes descendus de Hué jusqu’à Dà Lat, en passant par Dà Nang, le long de la côte de la mer de Chine méridionale. Nous avons repris le bus une dernière fois, pour le sud du Vietnam, vers notre destination finale qu’est Ho Chi Minh Ville.

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Le voyage

Le Vietnam est un long pays qui prendrait beaucoup de temps à visiter entièrement sur deux roues. Nous suggérons alors de vous concentrer sur le nord du pays, une région méconnue du tourisme de masse, au cœur des tribus des montagnes du Tonkin. C’est un circuit de plus en plus populaire pour les cyclotouristes qui saura vous faire découvrir une facette plus traditionnelle du Vietnam. De plus, la circulation routière y est encore faible, de quoi apprécier davantage les paysages à couper le souffle de l’arrière pays.

Le circuit au nord du pays consiste à faire la route 6 qui relie Hanoï à Dien Bien Phu pour ensuite prendre la route 12 qui va à Lai Chau pour finalement finir le circuit sur la petite route 40 jusqu’à Sapa en passant part le plus haut col du Vietnam, le col Tram Ton à plus de 1900m d’altitude ! Le retour vers Hanoï se fait en train couchette à partir de Lau Caï, situé à 38 km de descente de Sapa. Les étapes sont entre 65 et 105 km et peuvent prendre jusqu’à 7 heures de vélo selon les conditions des routes. Il faut relier les villes qui ont un minimum d’infrastructures touristiques, puisqu’il faut coucher en hôtel.

Journal de bord

23 octobre 2009, lointain Vietnam

Ce matin, c’est-à-dire il y a 30 heures, nous quittions Montréal sous la pluie, près du point de congélation. Alors que la ville était aux portes de novembre, nous préférions prendre la sortie de secours pour se sauver au Vietnam, loin de la grisaille post-couleur automnale. Nous voulions éviter ce decrescendo obscur et déprimant menant à l’hiver.

Plus d’une journée complète ponctuée de sommeils comateux annonçant clairement un changement de rythme contrastant. Nos cerveaux bouillants refroidissent tranquilement dans cette longue transition. Notre corps, par contre, commence déjà à vouloir bouger. Il nous faudra trouver l’équilibre entre le corps et l’esprit! C’est une des quêtes principales de ce voyage à vélo, qui se veut un ressourcement malgré l’effort déployé.

Nous devons apaiser nos têtes, les laisser divaguer au rythme de la route défilant sous nos roues. Loin d’un horaire, nous vivrons le moment présent à chaque instant en laissant aller nos pensés libérées.

25 octobre, sortie d’Hanoï

Hanoï fut notre point de départ en terrain vietnamien sur plusieurs plans. D’abord pour le rythme urbain complètement chaotique, à nos yeux occidentaux, où des centaines, voir des milliers de motocyclettes se taillent un chemin dans les rues étroites du vieux quartier de la ville. Ensuite, parce qu’il fallait y circuler, nous-mêmes, pour découvrir les lieux et aussi parce que nous devions nous débrouiller afin de faire redresser mon plateau de pédalier tordu par Vietnam Airline, en parlant un mot et demi de la langue locale. Mais ce n’est pas une pièce d’aluminium crochue qui allait les surprendre!

Dimanche matin, 5h30, les yeux grands ouverts, la cacophonie hanoïenne reprend vie comme ses millions d’habitants. Après quelques arrêts, pour parfaire la mécanique de nos vélos, nous sommes prêts à affronter le trafic infernal pour y donner nos premiers coups de pédales. Maintenant sur 2 roues, nous aussi, nous nous infiltrons dans les rues de Hanoï, sifflet d’urgence à la bouche, nous allons participer à la pétarade collective en direction ouest vers Hoa Binh.

Il faudra quelques heures afin de sortir de la périphérie urbaine, c’est-à-dire 40 km à se faire klaxonner par prévention, ou par encouragement à travers une banlieue polluée, bruyante et poussiéreuse, et ce à 32 degrés Celsius avec un humidex de 90%!!! Vive le vélo!

À l’approche de Hoa Binh, les paysages se transforment tranquillement vers ce que nous imaginions du Vietnam, avec ses collines rocheuses escarpées et arrondies et ses rizières peuplées de buffles à longues cornes. Enfin, 75 km plus loin, nous sommes à Hoa Binh, située à l’entrée des montagnes du nord.

26 et 27 octobre, le nord montagneux!

Les montagnes, pour nous attendre, ils nous attendaient! À la sortie de Hoa Binh la route nous offrait deux directions; une descendant le long d’une rivière et l’autre montant abruptement dans la direction à suivre.... Il fallait s’attendre à cela un jour. Et bien, ce jour est venu rapidement.

Nous goûtons, tout de suite, à ce qui allait suivre pour les prochains jours, c’est-à-dire de longues montées sans répit où notre odomètre ne dépasse jamais un chiffre. Des montées comme ça, nous nous y sommes déjà pensé, Or, une chaleur suffocante comme dans les films sur la guerre du Vietnam, jamais! Pour couronner le tout, Geneviève s’offre involontairement la première crevaison du voyage. À l’ombre, nous avons eu le soutien moral de tout le village, nous observant même silencieusement manipuler le caoutchouc.

Le rythme change à partir de la pause du midi, où nous rencontrons un groupe de 42 cyclistes qui amorce le même trajet que nous jusqu’à Sapa, pour différents organismes de charité. Nous les suivons tout le long de l’interminable montée d’environ 15 km pour atteindre le col menant à Mai Chau. Les 10 derniers kilomètres nous offrent une incroyable descente, sous la lumière de fin de journée, nous menant dans le pittoresque village de White Thaï au milieu d’une vallée de rizières. Nous passons la nuit dans une maison traditionnelle sur pilotis, appelé "stilt" en anglais. Un repos en paix loin du capharnaüm urbain.

Journée suivante, de Mai Chau à Moc Chau, nous anticipons de faire du dénivelé, mais pas comme ça. Cette fois-ci, c’est 30 km de montée pour 1000m d’ascension! La récompense, un petit buibui dans un village perdu au milieu de la route 6. Au menu, du bœuf sauté et des légumes bouillis.... 4$ avec les bières! Nous croisons en chemin, accroché à un camion dans une montée, un cycliste américain qui retournait au Colorado, d’où il était parti il y a un an. Son but était d’amasser des fonds pour sa fondation Seize The World (www.seizetheworld.com). Ça nous a donné un peu d’énergie pour compléter la journée!

28 octobre au 1er novembre, Plus en plus loin !

Il ne faut manquer pour rien au monde la section de route qui relie Moc Chau à Yen Chau, 40 km de descente en flan de montagne et de contemplations sur les vallées avoisinantes. Partout, des enfants aux yeux bioniques nous repère à des centaines de mètres de distance pour nous saluer. Notre moyen de transport attire beaucoup leur curiosité, et ce, même chez les plus vieux, qui veulent sans cesse nous faire la course ou simplement essayer nos bécanes. Les relations sont sincères malgré l’incommunicabilité, partout nous avons de très bons contacts avec les gens. Cependant, il peut être difficile de ce faire comprendre pour demander de simples choses, comme une bouteille d’eau froide, des directions ou commander au resto. Souvent, la méthode la plus facile est d’aller directement dans la cuisine pour pointer ce que l’on veut manger !

La route jusqu’à Dien Bien Phu est très belle et peux achalandée, mais elle est très active dans la mesure où tout le monde s’en sert pour diverses fonctions. Elle est le lien entre chacun, le cœur de la communication. Nous croisons des centaines d’écoliers en uniforme, des femmes en habits traditionnels aux couleurs multiples qui vont travailler aux champs, des hommes affairés aux tâches quotidiennes, etc. Sans compter tous les étalages de légumes et d’herbes qu’ils font sécher aux abords.

Plus nous progressons vers le nord, plus les conditions s’appauvrissent. La route 12, vers Muong Lai est maintenant en construction sur plus de 50% de sa longueur, se qui rend la progression très lente et difficile, beaucoup de camions nous envoient de la poussière quand il nous dépasse, nous sommes couvert de sable après quelques heures. Les maisons sont de plus en plus dénudées tout comme les enfants qui nous courent après sur la route, nous sentons que cette partie du pays n’est pas encore connectée avec le Vietnam plus moderne. L’arrivée de route changera sûrement les choses bientôt…

2 novembre, Enfin Sapa !

Nous sommes maintenant rendus à Sapa, une petite ville touristique au nord du Vietnam, reconnue pour ses populations ethniques vivants dans les montagnes du Tonkin, comme les H’mongs et les Black Thaï. Sapa représentait pour nous l’objectif à atteindre pour la première partie du voyage à vélo, celle des montagnes du nord. Notre satisfaction d’accomplissement a pris tout son sens dans les trois derniers jours où nous avons parcouru 280 km, soit entre Dien Bien Phu et Sapa, sur une route majoritairement en construction et parsemée de cols interminables. Pour atteindre notre but, il fallait franchir le plus haut col du Vietnam, soit celui de Tram Ton, à 1900m d’altitude.

Nous allons investir nos prochains jours à Sapa pour faire le plein d’énergie et de confort. Nous sommes à l’attaque des restos Occidentaux, déjeuners aux œufs et bacon, diner avec hamburger et souper au Steak House! Yeah! Petite pause de nouilles…

5 Novembre, Fin des montagnes!

Nous sommes présentement dans le train qui nous ramène vers Hanoï qui est notre point de départ de notre circuit montagnard dans le nord ouest du Vietnam. L’effort déployé et tous les moments intenses vécus créent une forme de nostalgie concluant bien ce chapitre du voyage. Les derniers jours à Sapa nous ont permis de bien vivre ce moment tout en faisant le plein de confort et de bonnes choses, comme de bons restos, un hôtel à la vue incroyable, une balade en scooter (4 heures pour 7$), et enfin de petites gourmandises occidentales. Au-delà de tout cela, nous découvrons, en partie, ce qu’il reste des populations indigènes en se promenant dans les petits villages autour de Sapa. Nous en apprenons un peu grâce aux villageois qui ont troqué leur mode de vie traditionnel pour s’improviser guides. Les rizières de la vallée sont presque désertées, car il est plus payant, à court terme, d’aller vendre de l’artisanat, des bouteilles d’eau ou des locations de ’’motobike’’ aux touristes.

Nous sommes maintenant en transition vers une autre étape, une autre ambiance, celle de la côte et des îles de la baie d’Halong. Nous avons bien hâte de découvrir ces paysages typiques du Vietnam, que nous avons tant vu dans les livres ou les magazines de voyage.

Fin du voyage dans le nord du Vietnam

L’ile de Cat Ba et la baie d’Halong!!!

Après Sapa, il ne fallait pas passer à côté de l’autre monstre touristique; la baie d’Halong. C’est le lieu maritime le plus connu du Vietnam, celui des bateaux à voile qui côtoient les îlots de calcaire escarpés. La ville de Cat Ba, située sur l’île du même nom, fut notre camp de base pour ces quelques jours de découverte d’un Vietnam qui a perdu son hospitalité au profit d’une économie touristique grossière et maladroite.

Nous savions qu’il y avait une multitude de bateaux qui parcourt la baie, mais, de là à tomber sur le pire d’entre eux est un comble de malchance ou une habitude de ne pas payer cher pour nos services! En plus, c’était l’embarcation référée par l’info touristique! Pire, notre dernière nuit sur Cat Ba fut dans un poste de l’armée puisqu’il n’y avait ni hôtel ni ’’guesthouse’’ dans le nord de l’île. Une référence de l’info... Personne ne voulait nous aider à l’exception de quelques-uns qui demandaient des tarifs hors de prix pour un lit chez eux. Tout est devenu compliqué et angoissant sur cette ile, car nous étions devenus des proies qui ne saisissaient pas leurs prédateurs, tout est devenu louche, on ne pouvait plus faire confiance a personne! Cependant, la baie d’Halong et l’ile de Cat Ba étaient aussi belles que sur les photos des brochures touristiques.

De Halong à Hué

Pour fuir les hordes de touristes organisés et ceux qui courent après, nous avons pédalé les 140 km entre Halong city et Ninh Binh sur la route 10, un axe commercial et industriel qui relie plusieurs villes importantes du nord du Vietnam. Le tout ponctué d’une nuit agréable à Haiphong. Heureusement, cela a donné une pause bien méritée à nos oreilles et nos poumons endoloris par le bruit et l’odeur infernaux des camions et des milliers de motocyclettes. C’est incroyable la puissance que peuvent avoir les klaxons de camion, ça fait vibrer le corps en entier! Nous avons troqué les bus de touristes pour des camions de marchandises....

Nous avons pris une journée de pause à Ninh Binh pour visiter les alentours en scooter et à pied découvrant ainsi des paysages magnifiques, comme la rivière entourée de falaises de Tam Coc et les temples de Hoa Lu, l’ancienne capitale au 10e siècle.

Nous avons ensuite fait les 600 km d’autoroute nationale jusqu’à Hué en bus-couchette, une alternative que nous avons considéré meilleure que le train.... Erreur! Il nous a fallu des Gravols pour s’abstraire du trajet. En échange, Hué est une belle ville touristique avec sa citadelle et son palais impérial. Ce fut la capitale royale de la dynastie des Nguyen du début du 19e siècle et ce jusqu’en 1945. Les nombreuses guerres, depuis, l’ont beaucoup endommagé. Demain, un retour sur les bécanes direction Hoi An!

De Hué à Hoi An!

La route entre Hué et Hoi An n’est que de 140 km, mais elle est beaucoup plus importante au niveau géographique. Dans cette distance, nous passons la barrière naturelle entre le nord et le sud par le col de Hai Van où les montagnes séparent les climats des deux grandes régions du Vietnam. En effet, du haut de ces 500m, les nuages gorgés d’eau stagnent à cette altitude et ne traversent pas vers le sud. C’est ce qui nous a permis de grimper au frais, sous la bruine, et non à 32 Celsius sous un soleil suffocant!

De l’autre côté, nous trouvons un climat plus sec et moins chaud en se laissant descendre vers Danang, ce qui nous donne de l’énergie pour combler les 30 derniers km vers Hoi An en une heure. Nous roulons en petit ploton à la même vitesse que les motocyclettes dans un trafic assez dense merci. Nos 3 semaines d’expérience dans la circulation vietnamienne nous donnent des ailes!

À notre arrivée, en fin de journée, nous découvrons que nous ne sommes pas les seuls touristes à venir séjourner ici. En effet, Hoi An est certainement la ville la plus touristique de tout le Vietnam. On vient pour son charme et son style coloniauxl qui font revivre une ambiance du passé rarement préservée dans le pays. C’est qu’elle a été épargnée volontairement de la guerre américaine par une entente commune entre les 2 fronts pour sauver sa richesse historique.

Toutes les rues de la vieille ville sont consacrées à soutirer des dollars ou des euros des poches des touristes. Chaque bâtiment est un mignon restaurant, une boutique d’art ou un étalage de T-shirt à 2$ pas négocié. Marcher dans les rues de la ville demande beaucoup de concentration pour faire fi des centaines de "Mister, Madame, please have a look" ou "do you want buy something?" ou encore "rent motobike?", et se sentir dans une autre époque. Le 21e siècle nous rattrape assez vite! Nous succombons quand même, et achetons plusieurs souvenirs, dont un manteau fait sur mesure, avec un design que personne n’affiche à Montréal, cela pour 32$ seulement. C’est quand même encore l’époque des tailleurs et des couturiers qui résiste !

De la plage aux montagnes de Dalat.

Nous sommes maintenant au sud du pays. Une nuit dans le train à couchettes nous à mené jusqu’à Nha Trang, une ville de plage et de party pour bien des touristes assoiffés de sable et d’eau salée. Pour nous, c’est plutôt une ville de transition pour rouler vers Dalat, dans les montagnes. L’autre raison d’arrêter à Nha Trang était de faire de la plongée sous-marine, mais nous y avons eu notre seule période de mauvais temps de tout le voyage...

Dalat est à 215 km de Nha Trang, et nous nous demandions s’il était possible de relier ces villes en deux ou trois jours? Au Vietnam, nous devons considérer d’autres facteurs que les simples kilomètres; il y a évidemment le dénivelé, la condition des routes, surtout pour celles qui sont dans les Highlands. Il faut penser aussi aux hébergements, qui sont absents à l’extérieur des villes touristiques, car il fallait bien ponctuer cette distance. Après analyse, nous optons pour un délai de 2 jours, donc des étapes de plus de 100 km chacune! Nous prenons le même itinéraire que les bus touristiques, mais nous remplaçons leur pause midi par une nuitée.

La première journée est un cadeau pour cycliste. D’abord, les 45 premiers km sur une route toute neuve le long de la mer avec le vent latéral qui nous propulse. Nous enchaînons ensuite les 60 derniers km sur la route nationale qui est étonnamment calme et en bonne état! Nous arrivons à Phan Rang, notre ville étape, en 4h15 seulement. Bel hôtel, bonne bouffe, la vie est belle!

Nous savions, par contre, que le lendemain ne serait pas aussi rose, car nous sommes encore sur le bord de la mer et Dalat est à 1500m d’altitude dans le plateau central du pays. Les 50 premiers km se font sur un plat raboteux, nous revenons dans la réalité vietnamienne, jusqu’au début du col de Ngoan Muc (980m). C’est ici que nos jambes commencent à forcer! Nous atteignons la cime en 2 heures grâce à l’aide partielle de 3 camions sur lesquels nous nous accrochons. Contrairement à tous les cols, celui-ci ne redescend pas de l’autre côté, il monte!? En effet, quelques km plus loin, une autre montée, sur une route encore plus étroite nous amène sur le haut du plateau, soit à 1500m d’altitude. Nous faisons cette dernière partie avec un autre groupe de cyclistes anglais qui parcourt le pays pour une œuvre de charité. Ils nous accueillent même pour une pause sommet en nous offrant du carburant, soit du Coca Cola et des bananes!

Quelques kilomètres avant d’arriver à Dalat, en pleine noirceur, le pneu avant de Geneviève éclate dans une descente à cause des trous dans le pavé que nous voyons mal. Ça fait plus de 7 heures que nous roulons, il fait nuit, et il faut arranger un pneu si près du but? Solution, taxi! Pour 2$ tout est réglé et nous sommes à l’hôtel. Nous célébrons notre journée, un peu somnolent, dans un bon resto de Dalat avec trois plats pour deux, en plus des entrées!!

Carnet de voyage

Jour 1-2 : Vol Montréal à Ho Chi Minh City et vol vers Hanoï. Repos et bonne bouffe !
Jour 3 : Journée de visite de préparation à Hanoï. Balade dans les rues du Vieux Hanoï.
Section vélo
Jour 4: Hanoï à Hoa Binh, 4 heures, 75 km. Longue sortie d’Hanoï sur 40 km. Terrain plat.
Jour 5 : Hoa Binh à Mai Chau, 4h15, 66 km. Altitude max de 800m, alt. min de 100m (Hoa Binh)
Jour 6 : Mai Chau à Moc Chau, 5 heures, 70 km. Alt. max de 1285m (col), alt. min de 300m (Mai Chau). Longue montée de 30 km.
Jour 7 : Moc Chau à Son La, 2 heures, 45 km de descente jusqu’à Yen Chau, et bus jusqu’à Son La. Visite.
Jour 8 : Son La à Tuan Giao, 4h45, 80 km. Alt. Max de 1490m (col Pha Din), alt. Min de 650m (Tuan Giao)
Jour 9 : Tuan Giao à Dien Bien Phu, 4h30, 75 km. Alt. max de 1050m (col), alt. min de 550m.
Jour 10 : Dien Bien Phu à Muong Lai, 5h50, 100 km. Alt. max de 1050, alt. min de 290m (Muong Lai)
Jour 11 : Muong Lai à Lai Chau, 7h40, 105 km. Alt. max de 1150m (col), alt. min de 290m.
Jour 12 : Lai Chau à Sapa, 6h20, 73 km. Alt. max de 1900m (col Tram Ton), alt. min de 560m (Tam Duong)
Jour 13 à 15 : Repos et tourisme dans la région de Sapa.
Jour 16 : Sapa à Lao Caï, 1h30, 38 km. Alt. max de 1550m (Sapa), alt. min de 180m (Lao Caï)
Jour 17 : Lao Caï à Hanoï en train couchette de nuit, arrivée en matinée à Hanoï.
Jour 18 : Vol de retour sur HCMC et vers le Québec. Bye bye Vietnam ! Ou option de continuer le voyage en descendant le long de la côte. (Voir Journal de bord)


Comment y aller ?

Japan Airline offre un vol intéressant en Montréal et Ho Chi Minh City via Toronto et Tokyo, sans passer par les États-Unis ! La section Toronto-Tokyo est cependant de 13 heures, mais le service japonais est exceptionnel. Il faut compter environ 26 à 28 heures porte à porte pour une telle distance avec un décalage horaire d’une demi-journée de plus. De quoi vous faire perdre la notion du temps à votre arrivée. Si les billets sont achetés à l’avance, vous pouvez vous les procurez pour aussi peu que 1200$ dans les saisons plus tranquilles comme l’automne ou le printemps. Air Canada offre aussi une bonne option via Vancouver et Taipei, ainsi que Cathay Pacific via Toronto et Hong Kong. Les vols vers Hanoï sont plus chers que ceux en direction de la capitale (HCMC), nous vous conseillons alors de prendre un vol national avec Vietnam Airlines, qui ne coûtera pas plus que 100$ pour vous rendre au nord du pays. Le trajet en train est très rude et prend environ 30 heures entre les deux villes !

Formalités

Tous les citoyens canadiens doivent se munir d’un visa touristique en envoyant son passeport à l’ambassade vietnamienne ou en se rendant directement sur place à Ottawa. Il peut être fait en quelques heures moyennant un supplément. Celui-ci est valide pour une durée de 30 jours à partir de la date choisie et coûtait 90$ en 2009. Vous devez vous le procurer avant votre départ car il n’y aucun service d’émission de visa dans les aéroports d’Hanoï ou de Ho Chi Minh.
www.vietnamembassy-canada.ca ou (613) 236 1398.

Quand y aller ?

Ce voyage à été fait entre la fin octobre et la fin novembre, une période qui correspond à l’après mousson (période de pluie et d’humidité abondante). Les températures étaient alors moins chaudes et moins humides, mais tout de même autour du 30 degrés avec 80% de facteur humidex. Les températures du nord du pays varient beaucoup selon l’altitude et la région. Par exemple, la région de Sapa, tout au nord du pays, est reconnue pour avoir les températures les plus fraîches (autour de 20 degrés à l’automne et de 10 degrés l’hiver). Cependant, la région voisine de Lai Chau à l’ouest, est reconnue pour être la plus chaude du nord du pays (10 degrés de plus en moyenne). Le printemps et l’automne sont alors vos meilleurs choix, car l’été est fortement à proscrire à cause de la chaleur et du nombre abondant de visiteurs !

Santé et équipement

Pour le nord du pays, aucun vaccin particulier n’est recommandé à l’exception de l’hépatite, typhoïde et tétanos, si vous voyagez dans la période de temps suggérée (automne et printemps). La malaria se répand seulement l’été et pendant la mousson. Vous ne serez pas embêté par les moustiques dans cette partie du pays. La seule région affectée par la malaria après la mousson est le Delta du Mékong.

Étant donné les conditions de route pouvant être de parfaites à exécrables, nous vous recommandons un vélo de type hybride, ou même VTT sans suspension, avec des roues double jantes d’une largeur d’au moins 35 mm. En termes de bagage, nous n’avions que des sacoches arrière avec un sac de guidon. Le climat étant chaud et humide, il n’est pas nécessaire de transporter beaucoup de vêtements chauds, seulement un coupe-vent imperméable et une laine polaire pour les cols de montagne ainsi que les soirées fraîches. L’option camping est compliqué et n’en vaut pas la peine considérant que la moyenne des tarifs d’hôtel oscille entre 10$ et 25$ US pour quelque chose de confortable et propre. Il faut aussi prévoir d’apporter tous les petites pièces de rechange susceptible de briser et impossible de trouver sur place (vises, patins de frein, maillons de chaîne, etc).
Il y a des magasins de vélo dans la plupart des villes, mais ils ne vendent que des vélos chinois très loin de ce que nous avons chez nous. La meilleure option pour des problèmes mécaniques mineurs sont les petits garages de ``scooter`` appelés Xe may que l’on retrouve dans la moindre bourgade partout au pays. Étant très débrouillard de nature, les vietnamiens seront vous trouver des solutions miracles !

Transport

Pour le système de transport terrestre, quelques options s’offre à vous si vous voulez accélérer votre progression ou changer complètement de région dans l’axe nord-sud su pays. Vous avez d’abord les autobus régionaux où il est possible de mettre votre vélo sur le toit, s’il est équipé d’un support à bagage, ou dans la soute en dessous si le bus est plus moderne ! Dans les 2 cas, nous vous conseillons de réserver votre billet ainsi que votre espace à vélo au moins une journée avant dans les villes qui ont des stations de bus. Il y aura des frais supplémentaires pour votre bicyclette, mais vous payerez au moins le vrai tarif !

Pour les plus longues distances sur l’axe entre Hanoï et Ho Chi Minh Ville, quelques trains touristiques offrent la possibilité de transporter les vélos dans un wagon cargo pendant que vous vous reposer dans un wagon couchette. Les distances sont grandes et la vitesse petite, donc vaut mieux opter pour le confort, qui est très abordable d’ailleurs. Prenez sans hésitation la meilleure classe ! Il y aussi l’option de bus touristique avec siège-couchette, mais le confort n’est pas comme celui des trains et c’est plus compliqué pour les vélos.

Si vous voulez explorer les environs des villes où vous arrêté sans pédaler, l’option du « motobike » ou « scooter » est la meilleure. Vous pouvez vous en procurer un pour environ 5$ la journée et vous balader au rythme des vietnamiens. Faites cependant très attention à la conduite locale qui n’a vraiment pas les mêmes règles que chez nous, il faut avoir de bons réflexes et des yeux tout le tour de la tête !

Les routes

Les routes du nord du Vietnam sont de plus en plus en meilleurs état, le pays se développe rapidement et les infrastructures aussi. La route 6, par exemple, vient d’être complétée en 2009 jusqu’à Dien Bien Phu. Par contre, la route 12 entre Dien Bien Phu et Lai Chau est présentement en construction ainsi que plusieurs partie de la 40 jusqu’à Sapa. Donc, beaucoup de sable, de poussière et de boue et des chemins défoncés partout. La circulation n’est pas encore abondante, mais quand un camion vous dépasse, tenez bien votre guidons et bouchez vous les oreilles, ils font un bruit d’enfer quand ils vous klaxonnent pour vous saluer, encourager, ou simplement vous signaler votre présence ! Dans les villes, il faut circuler avec les milliers de mobylettes qui vont dans tous les sens, à vous de vous adapter et de comprendre la logique ?

Budget

Le Vietnam est un pays en voie de développement où le coût de la vie est relativement modeste si on ne consomme pas trop à l’occidentale. À titre d’indice, vous pouvez avoir une belle chambre d’hôtel bien située pour environ 20$ dans les villes touristiques, et d’environ 10$ à 15$ dans les plus petites villes du nord. Un bon repas pour 2 personnes coûtera environ 10 à 15$ et de seulement 5$ pour une pause midi dans les petits patelins !

Indice de prix :
Pour 1$ CDN, nous avions 18 000 dongs.
Bière en bouteille ou jus : +-8000 dongs
Bière en fût dans un Bia hoi : 2500 dongs !
Bouteille d’eau 1,5 litre : 5000 à 10 000 dongs
Paquet de biscuit Oréo : 20 000 dongs



Écrit par François-Xavier Bleau


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